chez eux ici

Fuite et asile

Fuite et asile

Imaginez-vous l’impensable. Après une guerre, la Suisse est gouvernée par un régime despotique. Au nom de la lutte contre la terreur, on est puni de critiquer ce régime. Chaque nuit, des proches et connaissances sont arrêtées et disparaissent sans laisser de traces. Un voisin vous dénonce car, la veille, vous avez eu des contacts avec l’un d’eux et vous avez déjà critiqué le pouvoir. En rentrant du travail à la maison, votre femme vous annonce que la police vous cherche et qu’elle a menacé les enfants. Que feriez-vous ?
La fuite est pour beaucoup la seule possibilité de rester en vie. Dans le monde, plus de 60 millions de personnes fuient les poursuites, les menaces et la torture, la peur au ventre.
Statistiquement parlant, à l’échelle planétaire, chaque 122ième personne est en fuite. La plus grande partie trouve refuge dans un pays voisin. Seul une petite partie arrive en Europe, par exemple en Suisse.

La fuite veut dire quitter au nom de la survie son pays, sa culture, sa famille et son environnement social, pour entreprendre un voyage incertain. Souvent – comme lors des tragédies en mer méditerranée ¬–il se termine par la mort. Pour ces fugitifs qui réussissent à atteindre la Suisse, l’avenir reste incertain.
 
La procédure des demandes d’asile en Suisse en bref
Depuis l’abolition de la procédure concernant les ambassades de 2011, les réfugiés ne peuvent venir en Suisse que par la frontière, c.à.d. après avoir subi un contrôle à l’aéroport par exemple. Ils doivent formuler une demande d’asile oralement ou par écrit, qui n’est valable que si la personne se sent poursuivie. La suite des explications et l’enregistrement se fait dans un des grands centres d’enregistrement et de procédures (CEP). Les papiers sont confisqués. On prend les empreintes digitales et les données biométriques. On veut connaître la raison pour laquelle on a quitté son pays, sa langue, son identité, lieux de séjours etc. … Ainsi l’autorité compétente examine si la personne nécessite la protection de la Suisse. Mais cette protection de la Suisse est seulement examinée, si la personne fugitive n’est pas entrée par un pays tiers sûr (convention de Dublin) – ce qui dans le cas de la Suisse, pays au cœur de l’Europe sans accès aux côtes de la mer méditerranée, est plutôt rare. Une autre raison pour ne pas entamer une clarification est si les motifs d’asile sont « seulement » d’ordre économiques ou médicaux.

Si les raisons ne sont pas justifiées, le réfugié est vite reconduit dans son pays.
 
Attribution à un canton
Les réfugiés qui ne sont pas rapidement refusés et dont la demande d’asile demande du temps sont attribués à un canton. Ils reçoivent un permis N et le minimum légal d’aide sociale.

Pendant que les réfugiés s’habituent à leur environnement, et comme pour le cas de la famille M., les enfants sont scolarisés. La machine continue ses investigations au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) à Berne. Toutes les questions et les documents sont analysés.
 
Décision positive
Si les conditions de l’avis du SEM sont requises, la demande d’asile est acceptée et les personnes reçoivent un permis de séjour B et un passeport pour réfugiés (d’après la convention de Genève). Le conjoint et les enfants mineurs ont la permission de venir en Suisse et reçoivent aussi le droit d’asile. Avec un permis de travail, les réfugiés peuvent travailler dans la branche qu’ils désirent.
 
Décision négative avec accueil temporaire
Les personnes dont les conditions de demande d’asile ne sont pas acceptées par le SEM reçoivent une réponse négative et doivent quitter la Suisse. Si l’expulsion n’a pas lieu pour une raison déterminée qui demande une révision de la situation, le SEM autorise un accueil provisoire jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Les réfugiés reçoivent un permis F.

Décision négative avec expulsion
Si aux yeux des autorités compétentes rien ne s’oppose à un retour des réfugiés dans leur pays, ils doivent retourner assez rapidement dans leur pays. Dans ce cas, les réfugiés peuvent déposer une plainte et faire appel.
 
Durée du processus
Pour quelques cas la durée est longue jusqu’à la décision définitive. Cela peut durer plusieurs années. Les enfants surtout s’intègrent très bien, vont à l’école, apprennent la langue et trouvent en Suisse une nouvelle patrie.

Comité chez eux ici, Mythenstrasse 12, 8802 Kilchberg, compte de soutien PC 61-248075-2, Hier zuhause, Kilchberg