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Tchétchénie

Tchétchénie: entre blingbling et mort

Depuis la fin de la guerre en 2009 on ne lit plus grand-chose sur ce petit pays dans le Caucase.  Tout semble tranquille sous le règne de Ramsan Kadyrov. Comme au temps de Staline, les villes sont restaurées, des boulevards et des palais sont construits, mais derrière ces façades règnent la poursuite, la torture et la surveillance. La peur est omniprésente. La police et les unités spéciales se chargent de faire taire l’opposition au régime.

Groszny
Un village Potemkine dans toute sa splendeur

Des défenseurs internationaux des droits de l’homme comparent la situation en Tchétchénie à celle de la Russie sous Staline. Ni droit ni justice. Le régime totalitaire essaye de cacher la réalité autant que possible. Il fait construire des bâtiments magnifiques pour prouver que l’économie et la politique marchent bien, mais les apparences sont trompeuses. Les opposants au régime sont éliminés sans compromis. L’armée privée de Kadyrov est connue depuis des années pour sa torture, ses enlèvements, ses viols et ses exécutions illégales.

Kadyrow
Le président: son pouvoir vient des canons de fusils

Celui qui n’est pas d’accord avec ses faits et dires est considéré comme ennemi de la république. Une méthode courante est de brûler leurs maisons. L’organisation des droits de l’homme tchétchène « Comité contre la torture » a connu ce sort début juin. On a forcé les portes de son établissement, dévasté les pièces et le personnel a dû prendre la fuite. Il y a beaucoup de ces exemples, ignorés du public. Souvent, on ne retrouve pas les cadavres des disparus et il est même interdit à la population de parler des victimes.

 

Guerres
La Tchétchénie fut marquée par deux guerres. En 1991, vers la fin de l’Union soviétique, elle déclara son indépendance, offusquant ainsi la Russie.

Série d'images Time
Guerre en Tchétchénie: Une série d'images du journaliste photo Yuri Kozyrev

C’est pour cette raison que le Kremlin a soutenu l’opposition en Tchétchénie. Peu de temps après, les conflits politiques se sont transformés en conflits militaires. De 1994 jusqu’en 1996, la guerre a coûté plus de 80 000 vies. Cependant, la République Tchétchène a pu conserver son indépendance. La deuxième guerre tchétchène (1999-2009) dura 5 fois plus longtemps que la première. La cause fut à nouveau l’invasion de l’armée russe qui voulait anéantir un régime – de son point de vue – criminel. Les combattants pour l’indépendance restants après l’offensive n’étaient bien sûr pas inoffensifs et ils ont fait intervenir des kamikazes connus sous le nom « les veuves noires ». La Russie gagna la guerre malgré tout.

Camp de réfugiés en Tchétchénie
Camp de réfugiés en Tchétchénie

En 2009, l’armée russe se retira, laissant au pouvoir Ramsan Kadyrov, une « marionnette ». Les faits cruels de la guerre allaient rapidement être effacés de l’histoire. Aujourd’hui, il est interdit d’honorer les morts. On a même détruit leurs tombes pour nier leur existence.

 

 

 

 

 

 

 

Une contre-transaction lucrative
Dès le début, Kadyrov fit régner la peur parmi la population pour assurer son pouvoir. Il profite du régime répressif financé par la Russie. En contre partie, le président Russe Poutine exige que le régime de la Tchétchénie lutte activement contre ses terroristes nationaux pour maintenir la paix dans le pays.

Le Grand Frère parle
Le Grand Frère parle aux habitants de la Tchétchénie

Ce qui est appelé terroriste n’est juge que par Kadyrov. La plupart du temps ce ne sont que des dissidents du régime. Pour chaque terroriste livré, Kadyrov reçoit de l’argent de poche de Poutine. Avec la campagne antiterroriste, Poutine cherche à améliorer son image à l’ouest, où il est connu mais désapprouvé. En revanche, peu des personnes ne connaissent Kadyrov. Ceci souligne la fonction de marionnette de Kadyrov et la dépendance de son pays de la Russie.

 

Prisonnier dans son propre pays
Les Tchétchènes souffrent non seulement de 40% de chômage, mais aussi du non respect des droits de l’homme les plus élémentaires, comme la liberté de penser et de rassemblement. Celui qui manifeste dans la rue contre le régime doit s’attendre à être exécuté. Les démonstrations sont difficiles à organiser car il n’existe pas de liberté de presse.

Scène dans la rue
Rien ne passe inaperçu: scène dans la rue avec la famille Kadyrov omniprésente

La population en général et la jeunesse en particulier ne connait donc qu’une facette du régime et n’est pas incité à se révolter. La majorité est fatiguée de lutter. Elle vit sans perspective d’un avenir meilleur. La population est obligée d’assister aux fêtes nationales en montrant le drapeau. Elle vit dans la peur virtuelle d’être tuée.


 

Tschetschenien – une guerre sans traces

Un documentaire de Manon Loizeau diffusé sur ARTE montre la situation actuelle désastreuse de ce pays.

En 2015, lors du « International Film Festival and Formu on Human Rights », ce filme remporta le « Grand Prize of the World Organization Against Torture ».


Naître à Grozny

En 2003, dans son reportage, Manon Loizeau montre le quotidien d’une maternité dans la capitale tchétchène en plein guerre.

 

Informations profondes sur la Tchétchénie

La société allemande-caucasienne se plonge dans l’histoire et la politique du Caucase et démontre en particulier la situation en Tchétchénie.

  http://www.d-k-g.de/tschetschenien.html


La Tchétchénie dans la presse allemande

Pour se faire une idée de la situation en Tchétchénie nous vous conseillons la lecture des articles suivants :

  Zwangshochzeit durch das Regime
  Interview mit Manon Loizeau
  Interview mit Swetlana Gannuschkina
  Im Namen der Terrorbekämpfung

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